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La glande thyroide

Le cancer de la thyroïde

En France, le cancer de la thyroïde frappe environ 4000 personnes par an. Considéré comme un cancer rare, sa fréquence ne cesse pourtant d’augmenter depuis 197.

Qu’est-ce que le cancer de la thyroïde ?

La grande majorité des tumeurs de la thyroïde sont de nature bénigne et se développent à partir des cellules follicules. Ces tumeurs bénignes se présentent soit sous forme de kystes à contenu liquide, soit sous forme de tumeurs solides, aussi appelées adénomes.

Environs 5 à 10% des tumeurs de la thyroïde sont des tumeurs malignes ou cancers. Dans la plupart des cas, les tumeurs cancéreuses sont constituées de cellules à la structure et aux propriétés très voisines du tissu thyroïdien normal. Elles produisent de la thyroglobuline et fixent l’iode radioactif. Pour cette raison on les qualifie de « différenciées »

Les circonstances de découverte d’un cancer de la thyroïde sont variables. Dans certains cas, un nodule palé au niveau du cou. D’autres fois, la tumeur est révélée à l’occasion d’un examen échographique du cou.

Classification des cancers de la thyroïde

Le cancer papillaire est le plus fréquent des cancers de la thyroïde. Bien différencié, il fixe l’iode. Les cellules papillaires ont des noyaux très caractéristiques, qui les rendent facilement reconnaissables à l’examen cytologique. Ce cancer donne surtout lieu à des métastases au niveau des ganglions du cou. Rarement, les cellules cancéreuses s’implantent au niveau des poumons et des os.

Moins fréquent que le cancer papillaire, le cancer folliculaire est plus difficilement reconnaissable à l’examen cytologique. En effet, il peut être confondu avec un adénome folliculaire. Il s’agit d’un cancer peu agressif. Son évolution est lente et les métastases à distance sont rares.

Peu différencié, le cancer anaplasique conserve peu de propriétés des cellules folliculaires normales. Il ne fixe plus l’iode radioactif et la production de thyroglobuline est faible. Le pronostic de ce cancer, survenant plus souvent chez les personnes âgées est grave.

Très rare, le cancer médullaire se développe à partir des cellules C qui secrètent la calcitonine. Il ne fixe pas l’iode  radioactif. Le cancer médullaire est héréditaire dans près d’un quart des cas. Décrit pour la première fois en 1959, le cancer médullaire représente près de 7% de la totalité des cancers de la thyroïde. Prenant son origine dans les cellules para folliculaires du parenchyme thyroïdien chargées de sécréter la calcitonine, ce cancer peut être diagnostiqué grâce au dosage de la calcitonine dans le plasma. Contrairement aux autres cancers, il ne capte pas l’iode mais peut à la fois s’étendre localement ou s’implanter à distance en empruntant la circulation sanguine.


Comment traite-t-on un cancer de la thyroïde ?

Le traitement d’un cancer thyroïdien implique plusieurs étapes successives. Les chances de guérison sont les meilleures lorsque le traitement associe ablation chirurgicale totale de la glande et administration d’iode 131.

L’ablation de la thyroïde

La chirurgie est la première étape du traitement, et de loin la plus efficace. Elle consiste en une ablation totale de la glande thyroïde : la thyroïdectomie totale. Il s’agit de la méthode la plus sûre pour éviter l’extension du cancer. Après l’opération, la prise de thyroxine est nécessaire pour compenser l’absence de fabrication des hormones thyroïdiennes par l’organisme.  

Curage ganglionnaire

Dans certains cancers, le chirurgien procède à un curage ganglionnaire. L’étendue de l’ablation dépend du nombre de ganglions atteint. Au cours de cette intervention, les ganglions situés autour de la glande thyroïde sont enlevés par l’incision horizontale utilisée pour enlever la glande. Parfois, le curage doit être étendu à la partie latérale du cou. Il faut alors prolonger l’incision. Mise à part une petite enflure passagère du visage, aucun effet indésirable ne fera son apparition.

Traitement de l’iode 131

L’utilisation de l’iode 131 après l’opération est très fréquente comme ce traitement associé à la chirurgie donne de meilleurs résultats au long terme. Le traitement se présente sous forme de gélule à avaler. Il permet de détruire les résidus de glande thyroïde susceptibles d’avoir échappé à la chirurgie ainsi que les métastases locales ou à distances. Il s’agit d’un traitement simple, qui nécessite cependant une hospitalisation de plusieurs jours. Le traitement est généralement bien toléré à l’exception de quelques effets passagers mineurs : gêne au niveau du cou, modifications du goût diminution de la salive etc…

Radiothérapie externe

Une radiothérapie externe, qui fait appel à des rayons X venant d’une source extérieure, comme le traitement au cobalt, est rarement nécessaire. Elle est parfois utilisée lorsque le cancer de la thyroïde ne peut être complétement réséqué. Durant 4 à 6 semaines, une radiothérapie externe est appliquée, à faibles doses, sur la région du cou. Des réactions secondaires au niveau de la peau comme des rougeurs ou une pigmentation renforcée s’observent chez une minorité de patients.

Le pronostic du cancer de la thyroïde est globalement très bon. Il dépend notamment de l’âge du patient au moment du diagnostic, du type de cancer et du développement plus ou moins avancé de la maladie. Schématiquement, le pronostic est excellent pour les tumeurs de moins de 1 cm, il est favorable pour les tumeurs de 1 à 4 cm, et il est sérieux lorsque le diamètre de la tumeur dépasse 4 cm. Il faut cependant noter que ces notions sont données à titre indicatif, chaque cas étant particulier.